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Ouvrage 

Titre:
Entre ciel et terre
Auteur:
Stefansson (Jon Kalman)
Edition:
Gallimard
Réunion du:
10.01.2012

Commentaire

entrecieletterre

Le roman se déroule il y a un siècle en Islande, au cœur de la vie simple et rude des pêcheurs de morue. Dans la première partie on fait la connaissance du héros, un très jeune homme appelé le gamin, alors qu'il chemine avec son ami Bardur vers les lieux de pêche. Ils aiment tous deux la littérature et ont emprunté des livres à un vieux capitaine aveugle : Niels Juul, le plus grand héros des mers du Danemark et Le Paradis perdu de Milton. Ils apprennent et se récitent des vers dont celui qui revient en leitmotiv "Nulle chose ne m'est plaisir, en dehors de toi". Avant le départ en mer, Bardur ouvre encore une fois Le Paradis perdu, en oublie sa vareuse et cet oubli lui sera fatal. Dans la deuxième partie, le gamin retourne au village rapporter les livres à leur propriétaire. Très affecté par la mort de son ami il ne sait pas s'il veut vivre ou mourir, mais on lui propose un travail et une autre vie pourra commencer.

 

L'auteur dresse de beaux portraits des nombreux personnages mais aussi de la nature, des couleurs et du climat. La confrontation aux éléments est poétique mais aussi vitale car la rudesse du climat met en jeu la vie des hommes. La lutte pour la survie, contre la maladie et la mort, contraste avec les pages sur l'amour, le foyer, la terre, les livres. La rudesse des hommes et la délicatesse de la pensée se côtoient, et si l'on est saisi par un éventuel pessimisme, par une pesanteur devant la force des éléments, on l'est aussi par le rêve et la note romantique de certaines situations.

 

Tout le récit est émaillé de notations philosophiques, de réflexions profondes sur le destin, les relations entre hommes et femmes, la liberté, la place de la littérature. Le rapport à la lecture est étonnant même si les Islandais sont paraît-il de grands lecteurs : on s'attend à une bibliothèque mais c'est au bar ou chez le pharmacien que l'on emprunte des livres, et l'on peut mourir à cause de la poésie.

 

Le ton est beau et grave, drôle parfois, poétique toujours, qualifié aussi de bergmanien car il dit beaucoup de choses avec peu de paroles.

C'est un beau roman, un vrai roman, qui fait l'unanimité. On en sort transformé, hypnotisé, c'est une belle découverte, une révélation, et par chance cette histoire qu'on croyait close a une suite, La Tristesse des anges.

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Mise à jour le 14/11/2018