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Ouvrage 

Titre:
Supplément à la vie de Barbara Loden
Auteur:
Léger (Nathalie)
Edition:
Pol
Réunion du:
26.06.2012

Commentaire

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Nathalie Léger raconte la commande que lui fait une revue de cinéma : rédiger une notice sur Barbara Loden, épouse d'Elia Kazan, actrice, réalisatrice du film Wanda (c'est le seul film qu'elle a réalisé). Pour résumer ce court roman, on peut reprendre ce que Nathalie Léger écrit elle-même dans cet ouvrage page 82 : "Résumons. Une femme contrefait une autre écrite par elle-même à partir d'une autre (ça, on l'apprend plus tard), jouant autre chose qu'un simple rôle, jouant non pas son propre rôle, mais une projection de soi dans une autre interprétée par soi-même à partir d'une autre."

 

C'est en effet un imbroglio très particulier de plusieurs vies qui s'enchâssent, questionnant ainsi le statut de la fiction par rapport à la réalité. Le livre est construit sur trois plans, de Barbara Loden à Alma, le personnage du fait divers, en passant par Wanda. Et ces trois plans sont trois miroirs truqués, dans lesquels on peut soi-même se refléter. Pour les personnages, dont la vie est errance, c'est une quête de soi-même, une recherche de repères, ce sont des retrouvailles dans la vie de l'autre.

Pour être complet il faut ajouter les deux personnages féminins que sont la narratrice et sa mère. Et on ne peut parler de la grande force de Barbara Loden et en même temps de sa fragilité sans évoquer les autres femmes du roman.

 

La majorité des lecteurs s'est enthousiasmée pour le livre, à plus d'un titre. Pour l'écriture, d'abord, jugée magistrale et envoûtante. Une écriture par flash, non dénuée d'aspérité et pourtant très fluide, paraissant morcelée et pourtant très cohérente, comme des fils qui se nouent et se dénouent. D'aucuns recommandent de lire le texte en une fois.

 

Le roman a aussi touché des cordes sensibles : "ça touche au plus profond de ma façon de sentir, ça me renvoie à quelque chose de très personnel". Est-ce le portrait de Barbara Loden, si forte et si fragile ? Ou alors le triple portrait en miroirs de ces femmes qui ne sont pas des héroïnes ? Ou encore la construction en labyrinthe ? On ne sait plus où on en est, on cherche des repères, d'un point à l'autre, on est perdu dans le livre mais on y va, on se laisse emporter par le flot.

 

Nuancent cet enthousiasme un rejet pur et simple – "je n'ai pas pu rentrer, ça ne m'intéresse pas, j'ai bloqué" – et quelques réserves : "La relation entre la narratrice et sa mère n'est pas au même niveau. – Le procédé est intéressant mais au fur et à mesure ça se perdait, mon intérêt s'est émoussé vers la fin. – J'ai eu du mal à entrer, mais l'écriture m'a plu."

 

Un lecteur qui a vu Wanda raconte son étrange expérience d'avoir "vu" le film d'abord dans le livre puis d'avoir découvert le film avec un sentiment de familiarité : "tout était connu, chaque frémissement". Contrairement au livre le film est dans une narration très linaire.

 

Supplément à la vie de Barbara Loden a obtenu le prix du Livre Inter 2012.

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Mise à jour le 28/06/2018