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Ouvrage 

Titre:
Réparer les vivants
Auteur:
de Kérangal (Maylis)
Edition:
Gallimard
Réunion du:
01.07.2014

Commentaire

 rparerlesvivants

Réparer les vivants retrace vingt-trois heures cinquante-neuf minutes d'une transplantation cardiaque, entre le réveil de Simon pour aller faire du surf et la fin de l'opération de Claire. C'est vingt-trois heures cinquante-neuf minutes de rythme, d'émotion, de souffrance exprimée et contenue tout à la fois, de souffrance individuelle et collective.

 

L'écriture est impressionnante et recueille les suffrages d'à peu près tous les lecteurs. "Brillantissime, éblouissante, précise et ciselée, langue d'une richesse incroyable, c'est un vrai travail d'écrivain." Qu'on peut illustrer par la métaphore de la vague ou encore l'expression "lycéen d'estuaire" qui dit tout de Simon en deux mots. Mais également par la superposition de plusieurs registres, par l'opposition des univers, le télescopage de plusieurs mondes. Sont citées les quelques pages où l'infirmière nouvellement arrivée se fait reprendre par le médecin-chef alors qu'elle est troublée par son portable qui vibre dans sa poche. La tension entre les trois niveaux – la semonce, la structure du service, le portable qui vibre – est rendue de façon magistrale. Cette façon de prendre le langage comme une matière est caractéristique de Maylis de Kerangal, une façon bien à elle de frotter des niveaux différents, de creuser, de travailler le rythme et l'écriture.

 

Mais n'en fait-elle pas trop ? C'est l'avis de certains, qui trouvent l'ensemble trop brillant ou trop recherché, au détriment des personnages, jugés sans profondeur, sans relief et assez stéréotypés. Il est vrai que la description du monde médical notamment ne manque pas de clichés. La vie personnelle de l'infirmier, qualifié d'image d'Epinal, n'apporte rien à l'histoire. L'aspect technique est pour les uns intéressant, pour d'autres glaçant voire totalement faux. Autrement dit les qualités incontestables du livre ne suffisent pas à toucher, à émouvoir. "Ce n'est pas une romancière mais un écrivain, le livre est un exercice de style plus qu'une histoire. On en trouve pourtant de plus arides."

 

A côté de ces lectures en quelque sorte partagées entre forme et fond, il y en a de plus tranchées, soit dans un rejet radical : "c'est aussi glaçant qu'une salle d'autopsie ; le rythme est trop haché ; c'est consternant ; elle écrit n'importe quoi, par exemple que les digitales ont des pétales alors qu'elles ont juste une corolle", soit dans une admiration inconditionnelle. Ces derniers lecteurs ont été profondément touchés voire bouleversés par l'abord d'un sujet aussi insoutenable que la mort d'un enfant et par le difficile équilibre qu'il y a à parler du rapport au corps dans ce contexte.

 

On peut en tout cas reconnaître au livre le mérite de faire parler du don d'organes et de poser des questions qu'on ne veut généralement pas se poser, des questions philosophiques et extrêmement sensibles.

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Mise à jour le 14/11/2018