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Ouvrage 

Titre:
L'amie prodigieuse
Auteur:
Ferrante (Elena)
Edition:
Gallimard
Réunion du:
14.03.2017

Commentaire

lamieprodigieuse

Elena Ferrante écrit sous pseudonyme. La véritable identité de l'auteur n'est pas connue, ce pourrait être Anita Raja, une traductrice romaine, selon une enquête controversée pour son indiscrétion.

 

A partir d'un appel téléphonique du fils de son amie d'enfance, la narratrice déroule tout son passé à Naples dans les années 50. Elle bâtit une grande fresque sociale en reconstituant l'histoire de deux amies qui grandissent ensemble : Lila, une petite fille surdouée, pleine de talent et de génie, et elle-même, Lenù, moins brillante, mais qui réussit à l'école où elle parvient à rester. Elles sont toutes deux issues de milieux populaires, la première est fille de cordonnier et l'autre fille d'un portier à la mairie. Une grande complicité les unit, qui leur permet de se soutenir mutuellement. Lila qui ne peut pas s'échapper par l'éducation finit par se marier dans sa classe sociale, et ce premier livre d'une série de quatre se termine par ce mariage.

 

On a beaucoup parlé du roman et de son immense succès, et plusieurs lecteurs ont été conquis eux aussi, même s'ils ne vont pas jusqu'à parler de chef-d'œuvre. Conquis par la finesse et la justesse de l'analyse sociale : on voit qu'aller à la mer n'allait pas de soi dans les milieux modestes ; c'était l'époque des premières voitures, époque bien décrite également par le cinéma (est cité notamment Eduardo De Filippo) ; mais on y mourait aussi de la guerre ou de maladies aujourd'hui vaincues. Conquis aussi par l'intérêt de la fresque historique : à travers les quatre tomes on voit se dérouler toute l'histoire de l'Italie. Ils ont été séduits également par l'énergie et la vitalité des personnages, réellement attachants. Ils ont été sensibles enfin à la psychologie des protagonistes, montrant bien que toutes les relations sont marquées par la violence, y compris le lien amical entre les fillettes, sans parler des violences verbales et physiques au sein des familles et entre familles et clans. C'est très cru et très réel, la scène du feu d'artifice, par exemple, est particulièrement forte.

 

Tout cela répond-il à l'interrogation de ceux que le livre a laissés au mieux indifférents ? "Comment se fait-il que cela plaise tellement ? Pourquoi un tel engouement ? – Il y a pourtant déjà eu des livres remarquables : "L'art de la joie" de Goliarda Sapienza, "Montedidio" d'Erri de Luca, "D'acier" de Silvia Avallone. – Ce n'est pas très bien écrit, l'écrivain choisit de prendre les choses au ras du sol, le livre m'est tombé des mains. – Quelque chose ne colle pas, ces petites filles issues d'un milieu très pauvre économiquement et culturellement ont lu Dostoïevski à 14 ans et parlent avec un langage d'adulte (est-ce grâce à l'école des années 50 ?). – J'ai déploré que cette histoire qui pouvait être fantastique, le passage d'un âge à un autre, ait donné cela. – Ça se lit bien mais au bout d'un moment on se lasse, il y a trop de facilités, de rebondissements, comme la scène finale où la mariée découvre les chaussures."

 

Après son grand succès aux Etats Unis, le livre a peut-être suscité trop d'attentes. Se pose aussi la question de la traduction, qui peut aplatir le texte. En français rien ne pointe le dialecte, alors qu'en italien le dialecte napolitain est présent et s'accorde bien à la violence des relations. "En italien c'est très bien, c'est simple mais pas plat", confirme une lectrice italophone.


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Mise à jour le 24/11/2021