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Ouvrage 

Titre:
Chère brigande
Auteur:
Lesbre (Michèle)
Edition:
Sabine Wespieser
Réunion du:
27.06.2017

Commentaire

cherebrigande

En allant tous les matins à son travail, la narratrice voit sur son chemin une femme SDF, dont la chevelure rousse dépassant du duvet lui rappelle une rencontre faite peu de temps auparavant dans une soirée. A la fin de l'hiver la femme disparaît, et sur le mur devant lequel elle se tenait apparaît l'inscription "Où es-tu Marion ?". Par association d'idées, ce prénom emmène la narratrice sur les traces de Marion du Faouët, femme insoumise et rebelle du début du 18ème siècle, Robin des bois bretonne qui prenait l'argent aux riches pour le donner aux pauvres. En chemin ce sont ses propres souvenirs qui émergent et alternent avec les épisodes de la vie de la brigande.

 

Ce livre très court et très beau a conquis de nombreux lecteurs, sensibles au parallèle entre la vie de la narratrice et du personnage, et au style bien en phase avec le propos. Ils ont aimé la visibilité donnée à une femme SDF, le transfert des visages et la façon de redonner vie à un corps de femme. Lors de son chemin sur les traces de Marion du Faouët, les souvenirs personnels de la narratrice remontent peu à peu à la surface et viennent court-circuiter, à même le lieu, le récit de la vie de la brigande. Les lieux ont en effet une grande importance pour l'auteure, qui en parle avec beaucoup de sensibilité. Enfin c'est avec intérêt qu'on fait la connaissance du personnage de Marion du Faouët et de son époque.

 

Tout en reconnaissant les qualités du récit, et notamment la beauté de l'écriture, très fine et très délicate, des lecteurs éprouvent quelques réticences. Certains parce que la petite musique du livre est plaintive et dénote une espèce de complaisance dans les accidents de la vie. Ou encore parce qu'on ne serait pas loin de la bien-pensance, du moral (voire du mièvre ?). On est culpabilisé mais on s'en défend. D'aucuns n'ont pas apprécié que l'auteure prenne une femme SDF comme point de départ pour se tourner ensuite vers le 18ème siècle. Ou ont eu le sentiment qu'elle a pris le personnage historique pour revenir régulièrement à elle-même, pour faire un livre sur elle. Enfin parce le délicat n'est pas loin du ténu, et que l'ensemble manque peut-être de corps, de densité.

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