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Ouvrage 

Titre:
Deuils
Auteur:
Halfon (Eduardo)
Edition:
La Table Ronde
Réunion du:
26.06.2018

Commentaire

deuils

Eduardo Halfon est un écrivain guatémaltèque né en 1971. Auteur d'une dizaine de romans, il a reçu en Espagne le prix José Maria de Pereda pour La Pirouette et est nommé en 2007 parmi les 39 meilleurs jeunes écrivains latino-américains au Hay Festival de Bogota.


Deuils commence, comme souvent dans les romans d'Eduardo Halfon, par une interrogation familiale. "Il s'appelait Salomón. Il est mort à l'âge de cinq ans, noyé dans le lac d'Amatitlán. C'est ce qu'on me racontait, enfant, au Guatemala. Que le frère aîné de mon père, le premier-né de mes grands-parents, celui qui aurait dû être mon oncle Salomón, était mort noyé dans le lac d’Amatitlán, accidentellement, quand il avait mon âge, et qu’on n’avait jamais retrouvé son corps." Mais lors d'une réunion de famille ce mort est réévoqué dans des termes agressifs et conflictuels, et plus tard le narrateur trouve une photo qui contredit la version officielle. C'est assez pour qu'il entreprenne un travail de recherche et de résolution de l'énigme. Il retourne à Amatitlán voir la maison de ses grands-parents, et le lac, lieu prétendu de la disparition de son oncle et lieu bien réel de la disparation d'autres enfants. Sa quête s'entrecroise avec l'histoire plus large de sa famille.


Ce parcours historique est fascinant car l'auteur exprime sentiments et émotions avec une grande délicatesse. Le propos est très tenu et dit beaucoup en peu de pages. Il livre la résolution de l'énigme avec retenue, dans la suggestion plus que dans l'affirmation, tout en décrivant l'époque et les sentiments traversés par la famille. Le style et la construction sont en parfaite harmonie avec les non-dits du secret de famille et servent toute la réflexion sur l'enfance et la mémoire. L'écriture est unanimement louée : "la densité du travail d'écriture est étonnante ; l'écriture est très fluide et très tenue ; c'est très bien écrit et décrit". La belle litanie des enfants morts à Amatitlán a marqué tous les lecteurs, de même que la scène mystérieuse avec la vieille femme. Tout se conclut là, au lac, en opposition avec l'incroyable itinérance de la famille.


Le titre espagnol est Duelo, au singulier. Duelo signifie deuil mais aussi duel, ce qui peut évoquer la confrontation entre les frères dont les souvenirs diffèrent.


Des lecteurs recommandent le livre Monastère du même auteur, et le film documentaire Carré 35 de Eric Caravaca, dont le sujet est proche de Deuils : recherche d'informations sur une petite sœur dont la vie est absentée par les silences et les dénis.

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Mise à jour le 10/10/2018