Accueil Les livres commentés Détails - Hével

Les derniers livres commentés

Rue des pâquerettes – Mehdi Charef – Hors d'atteinte
La guerre est une ruse – Frédéric Paulin – Agullo
Dévotion – Patti Smith – Gallimard – traduction Nicolas Richard

lors de la réunion du 18 juin 2019


 

Les prochaines lectures

Ásta – Jón Kalman Stefánsson – Grasset
     traduction Eric Boury
La Chambre de Giovanni – James Baldwin – Rivages
     traduction Elisabeth Guinsbourg
De la famille – Valério Romão – Chandeigne
     traduction Elisabeth Monteiro Rodrigues

pour la réunion du 10 septembre 2019


Tous les livres commentés

Ouvrage 

Titre:
Hével
Auteur:
Pécherot (Patrick)
Edition:
Gallimard
Réunion du:
09.10.2018

Commentaire

hevel

 

Lisons la quatrième de couverture :

"Janvier 1958. A bord d'un camion fatigué, Gus et André parcourent le Jura à la recherche de frets hypothétiques. Alors que la guerre d'Algérie fait rage, les incidents se multiplient sur leur parcours. Tensions intercommunautaires, omniprésence policière exacerbent haines et rancœurs dans un climat que la présence d'un étrange routard rend encore plus inquiétant …

2018. Gus se confie à un écrivain venu l'interroger sur un meurtre oublié depuis soixante ans. Il se complaît à brouiller les cartes et à se jouer de son interlocuteur. Quelles vérités se cachent derrière les apparences ?

Mémoire et mensonges s'entremêlent dans le dédale d'une confession où tout semble illusoire, fuyant, incertain … En un mot emprunté à l'Ecclésiaste : hével."

 

L'écriture est entraînante, familière, argotique, imagée, et reconstitue avec justesse l'atmosphère de l'époque ainsi que les relations entre les deux personnages un peu loosers. Elle est émaillée de termes délicieux : "descendre au chagrin" et de belles formules : "Sept bâtisses barrant l'horizon comme pour le rayer de la carte." On imagine sans peine le vieux camion Citroën, les chargements, les arrêts chez Simone, le poids dans les esprits de la guerre d'Algérie.

 

Le procédé narratif et la construction servent le suspense et font monter progressivement la tension. La relation à l'écrivain par Gus, qui se libère enfin d'histoires vieilles de soixante ans, permet d'entretenir le flou du passé et d'évoluer dans les hasards de la réminiscence. Elle donne de l'évolution des personnages une analyse assez subtile, par exemple quand Gus devient jaloux, ou lorsque, à la fin, il s'est vengé de tout et tout le monde, y compris sans doute de sa médiocrité.

 

L'adresse à l'écrivain a été ressentie par certains comme une adresse au lecteur un peu dérangeante, par d'autres comme un peu fabriquée dans le dernier tiers du livre, partie d'ailleurs un peu moins convaincante. D'autres encore n'ont pas vraiment trouvé d'intérêt à la description de cadavres. Mais à l'exception d'un seul qui n'a pas aimé du tout, ni l'écriture ni la personnalité du narrateur, les lecteurs ont largement apprécié le roman. Roman que l'on pourrait tout aussi bien voir dans la littérature blanche qu'en série noire.

 

Patrick Pécherot est venu présenter son livre au Quai des Brumes le 23 octobre dernier, au cours d'une soirée passionnante.

Bannière
Copyright © 2019 120 Grand'Rue. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.
 

Les actus

Lire et aussi ...écrire

         plume

------------------------------
Mise à jour le 29/07/2019