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Ouvrage 

Titre:
Taqawan
Auteur:
Plamondon (Éric)
Edition:
Quidam Editeur
Réunion du:
29.10.2019

Commentaire

taqawan

Éric Plamondon, né au Québec en 1969, vit depuis 1996 en France dans la région de Bordeaux. Il est diplômé de journalisme et d'économie. "Taqawan" est son quatrième roman, qui lui a valu une large reconnaissance et de nombreux prix.

 

"Taqawan" revient sur le conflit à Restigouche en 1981, appelé guerre du saumon, qui a porté sur les droits de pêche dans les rivières à saumon et qui a opposé les autochtones, le gouvernement provincial, les agents de conservation de la faune et les clubs de pêche. Le récit met en évidence les luttes de pouvoir et la manière dont les Indiens ont été sédentarisés. Il présente très bien le conflit politique, sans pour autant idéaliser les bons et les méchants. Il montre bien tout le paradoxe et l’hypocrisie de la situation, le Québec qui se bat pour son autonomie vis à vis du gouvernement fédéral, tout en refusant par ailleurs de reconnaître les droits des autochtones.

 

L'originalité du roman est de mêler les éléments historiques et sociaux à une fiction, à des légendes indiennes, à des éléments techniques sur le saumon – le taqawan est en langue mi'gmaq le saumon qui revient dans sa rivière natale pour la première fois –, tout cela dans une alternance de chapitres très courts à l'écriture incisive. Façon d'écrire qui a pu perturber l'un ou l'autre lecteur, mais qui a conquis la majorité d'entre eux : "Cette construction très habile, dont on aurait pu craindre qu'elle produise quelque chose d'éclaté, fonctionne au contraire très bien et forme un bel ensemble – L'alchimie entre histoire, fiction et documentaire est très réussie. – Le roman est à la fois littéraire et engagé, la façon de présenter les choses est très convaincante."

 

La fiction croise le destin de quatre personnages – une adolescente Mi'gmaq disparue, un agent de la faune qui vient de démissionner, une institutrice française en stage, un Indien Mi'gmaq qui vit à l'écart de la tribu – en un roman noir dont le dénouement nous épargne tout manichéisme. Et cette fiction, habilement enrichie par les pages didactiques, a le double mérite de nous tenir en haleine et de nous apprendre quantité de choses.

 

Terminons par la citation d'Albert Camus placée au début du premier chapitre : "Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme."

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Mise à jour le 01/07/2020