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Ouvrage 

Titre:
Un été avec Machiavel
Auteur:
Boucheron (Patrick)
Edition:
Equateurs
Réunion du:
17.03.2020

Commentaire

un-ete-avec-machiavel

Traces de lectures : des lecteurs ont bien voulu nous faire part de leur avis, le débat de vive voix ayant été rendu impossible par la pandémie.


Le livre commence avec une définition originale que Patrick Boucheron donne du machiavélisme : « Fleuve souterrain qui creuse silencieusement les fondements de la pensée politique européenne. » (p. 13).

La violence est dans le spectacle de la domination, la lucidité est la seule arme des désespérés et tout pouvoir a une origine domestique : le ton du recueil et la perspective de son analyse sont dans ces premières remarques.

Pour Patrick Boucheron « la chance de Machiavel est d’avoir été déçu par les hommes d’Etat qu’il a croisés sur son chemin. » (p.45)

Il dresse le constat implacable d’une démarche implacable et pessimiste qui fait penser à celle de P. Bourdieu dans La Domination masculine.

La démonstration s’attache à mettre en évidence que tout est ambiguïté chez Machiavel et sujet à mésinterprétations… À titre d’exemples :

« Mon intention est d’écrire chose utile à qui l’entend » (p. 55) ; « Faire bien ou mal ce qu’il y a à faire » (p. 63) ; « Gouverner, c’est-à-dire agir sur les actions adverses » (p. 66) Il s’agit de mettre en tension les éléments permettant la prise de conscience de l’impuissance de l’idéal républicain, voilà en quoi la pensée de Machiavel est téméraire. « Rien n’est plus difficile à percevoir que l’art subtil de la provocation joyeuse. » (p. 75) Quand « une caricature (est) tellement énorme (…) elle vaut, en somme, démonstration par l’absurde. » (id.)

Le livre s’achève avec l’analyse percutante des aveuglements de notre temps, les désarrois et la dégradation de la parole publique. Qu’emprunter à Machiavel pour aujourd’hui ? « Le principe du doute qui est le premier principe de la connaissance. » (p.135) (CBa)

 

J'ai lu "Un été avec Machiavel", c'est agréable sans plus, et encore il faut suivre et connaître déjà l’histoire du personnage écrivain et homme politique.

Patrick Boucheron fait la description d'un personnage historique avec aisance comme s'il s'agissait d'un homme de notre époque, c'est l'intérêt de son travail, très prolixe et professionnel.

Il s'agit d'une série et pour moi dans le même genre, j'ai préféré "Un été avec Montaigne" et/ou "avec Homère", d'autres rédacteurs. (SGa)

 

J’ai eu du mal à entrer dans ce livre. Probablement parce que je ne connais pas bien Machiavel. Je vais persévérer. (MWe)

 

Comme nous avons eu beaucoup de temps ces dernières semaines, chacun a très probablement pu faire ample connaissance avec Patrick Boucheron. Aussi, bien que je sois à l’origine de la lecture (ou non) de ce titre, je ne vous ferai pas de discours à propos de ce dernier.

Comme je l’ai déjà indiqué mon choix de m’intéresser à cet Eté avec Machiavel résulte du fait que j’emploie l’expression « machiavélique » sans la rattacher au personnage et que le titre proposé a aiguisé ma curiosité.

Une structure d’abord linéaire s’attache à la biographie de Machiavel, né en 1469 à Florence, dans une famille modeste sur le plan matériel.

Le père de Nicolas Machiavel, Bernardo Macchiavelli, docteur en droit, est empêché d’exercer son métier à cause de son opposition à la famille Médicis qui règne sur Florence.

Nicolas Machiavel se trouve par conséquent exclu des cercles du pouvoir et doit « ronger son frein » jusqu’en 1498 où à la faveur d’une révolution de palais il accède à la fonction de « premier secrétaire de la seconde chancellerie » ; son rôle consistera à entretenir une correspondance avec les alliés de l’état florentin mais aussi à surveiller ce qui se trame dans les opinions. Machiavel que les remugles du pouvoir ne rebutent pas va ainsi exercer ce qu’il nomme « le métier d’état ».

Il s’entoure d’une équipe de jeunes juristes, affamés de pouvoir et d’amitiés.

Ses premières expériences sur le terrain lui apprendront l’art de surprendre, l’absence de scrupules et la violence politique.

Au gré des évènements Machiavel occupera des fonctions en politique de 1498 à 1512, puis sera évincé, emprisonné et torturé, exilé et reviendra à la politique par un chemin détourné en 1520 alors qu’une autre branche de la famille Médicis, revenue au pouvoir, le chargera d’écrire une histoire de Florence, rédigée en latin ou en langue vulgaire.

Patrick Boucheron s’attache à différentes facettes du personnage de Machiavel, analyse les traits qui constituent sa personnalité, effleure les éléments de sa vie familiale et met surtout en avant ses activités d’écrivain.

C’est d’ailleurs l’activité d’écriture, si chère à Machiavel, qui lui a permis d’exposer sa pensée politique en tant qu’homme public lorsqu’il était au service du gouvernement de Florence, lors de son exil où l’écriture a été un refuge ou encore à la fin de sa vie lors de la rédaction de l’histoire de Florence.

C’est en exil que Machiavel écrit Le Prince édité pour la première fois en 1532, inventaire des manières de gouverner, expression de la pensée politique parfois fluctuante de Machiavel, qualifiée par Boucheron de « philosophie de la nécessité ». Dirions-nous aujourd’hui Realpolitik ?

Admirateur ou défenseur de Machiavel, Patrick Boucheron insiste sur les circonstances qui ont fait varier la pensée de Machiavel, sur sa liberté et sa modernité. Il n’hésite pas à laisser s’immiscer un parallèle entre le point de vue politique de Machiavel et celui de notre contemporanéité. Et s’il prend soin de mettre en place la notion de machiavélien en opposition à machiavélique Boucheron met le lecteur en garde contre le retour des Machiavels : « Si on le relit aujourd’hui, c’est qu’il y a de quoi s’inquiéter. Il revient : réveillez-vous ».

Le livre en lui-même est divisé en bref chapitres qui ont dans un premier temps fait l’objet de Chroniques sur France Inter et cette concision rend la lecture aisée et alerte.

J’ai apprécié cette concision qui n’exclut ni l’extrême précision du langage ni le déroulement complet de la pensée.

J’ai également été séduite par le fait que Patrick Boucheron présente des aspects très divers de la vie et la personnalité Machiavel (famille, relation au pouvoir, pensée politique, valeur du savoir, mari et père de famille ou amant obscène), qu’il mette en perspective ces aspects avec les affaires de l’état. La vivacité et la conviction de l’écriture en font un livre intéressant et enrichissant. (AMFF)

 

J'ai un peu de mal à commenter, du fait que je n'ai pas pris de notes, que je n'ai plus les livres lus à disposition et ne puis rallumer ma mémoire par les commentaires des camarades.

En tout cas, je me rappelle avoir apprécié le Machiavel, bien qu'il y ait eu un petit truc qui par endroit m'a un peu irrité ou fatigué, mais quoi exactement, cela est tombé dans les oublis. (BMu)

 

Je n'ai pas lu tous les livres sélectionnés mais j'admire Boucheron qui est un de nos plus grands intellectuels actuels. Alors je vote pour son magnifique "Un été avec Machiavel" mais je ne suis absolument pas objectif ... (JMM)


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Mise à jour le 21/11/2020