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Ouvrage 

Titre:
Anna Thalberg
Auteur:
Sangarcia (Eduardo)
Edition:
La peuplade
Réunion du:
25.04.2023

Commentaire

anna-thalberg

Eduardo Sangarcía est né en 1985 au Mexique. Il a consacré́ son doctorat à l’étude de la littérature latino-américaine de l’Holocauste. Anna Thalberg est son premier roman.

 

Le procès des sorcières de Würzburg se déroule entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle. C'est le contexte dans lequel l'auteur situe l'histoire d'Anna Thalberg. A 22 ans, elle mène une existence tranquille auprès de son mari, le paysan Klaus, lorsqu’elle est brutalement tirée de chez elle par deux hommes, à la demande de l’évêque local, sa tête recouverte d’une capuche. Son crime ? Diverses "malfaisances", jure sa voisine Gerda (mort de nourrissons, sécheresse, …), mais sans doute plus encore l’attrait que suscite cette étrangère, une belle rousse aux yeux de miel, chez les hommes mariés du village. Assez pour l’accuser d’être de mèche avec Satan.

 

Quelques réticences s'expriment sur la dureté des scènes de torture : "Pourquoi aller si loin dans la représentation des moments de violence ? – Je n'ai pas lu les scènes de torture, il faudrait prévenir les lecteurs, c'est d'une grande violence."

 

Ces réserves mises à part, le livre fait une assez belle unanimité quant à sa force, sa densité, sa capacité à captiver le lecteur.

 

­      "En plus d'être sociologiquement réel, réaliste, l’intérêt de ce livre prodigieux, et perturbant, résulte des qualités d’écriture et de présentation des événements. La force de la rédaction conduit le lecteur à une prise de conscience de la révolte physique, celle du prêtre qui a toujours défendu Anna. J’ai lu ce livre d’une traite, mais il est tellement dense qu’il faudrait le reprendre et surtout je crains d’avoir été happée par l’émotion et donc d’avoir manqué l’analyse de la présentation du style de l’auteur. Je soupçonne un travail considérable de l’auteur pour susciter la violence, qui nous prend quand toutes les valeurs humaines sont inversées, et suis admirative. C’est rare quand je lis un livre."

­      "Anna Thalberg m'a laissée pantoise. Je l'ai fini il y a quelques jours et il continue de me hanter. Je ne saurais, par manque de temps pour y réfléchir, définir pourquoi et comment cette écriture m'a marquée avec une telle force, comme un fer rouge. Parfois je me disais, "bon, c'est toujours pareil", mais non, c'est un texte dont j'ai envie de parler comme définitif quand on aborde l'injustice, la religion, la peur, la douleur, l'obscurité de l'âme, …"

­      "Ça a été une lecture très dense, le texte est compact, on ne peut pas lui échapper. Le style est remarquable, qui enchaîne les situations, événements, pensées sans reprendre son souffle (absences de ponctuations, variations typographiques) et captive ainsi le lecteur. Quant au fond il est parfaitement crédible : la détresse d'Anna, celle de son mari, la médisance et la jubilation de Greta, la compassion du père Friedrich, la conviction des bourreaux et leur absence de compassion, l'insistance des supplices, … C'est un très bon livre, par sa qualité d'écriture et sa capacité à incarner les personnages."

­      "L'approche très fluide provoque une aspiration totale, je n'ai pas beaucoup lâché le livre. C'est exact que, pris avec force par le rythme du récit, on perd un peu de vue quelques personnages, dont le traitement est pourtant très fin. L'expression formelle de la confession, avec ce qui s'entend de part et d'autre, est très bien trouvée. Le côté sordide est tenu jusqu'au bout, au point que le grand inquisiteur finit par hésiter."

­      "Je lisais, je lisais, et ne me suis pas rendue compte tout de suite de l'usage si particulier de la ponctuation. J'ai adoré cette façon d'écrire, les enchaînements de paragraphes et le jeu avec la typographie."

­      "On entend des voix différentes, la typographie et l'organisation des paragraphes constituent comme un film intérieur dirigé par le texte."

­      "J'ai beaucoup aimé la progression de l'histoire, et son côté implacable, inexorable. Le personnage du prêtre est superbe."

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Mise à jour le 25/05/2024