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Ouvrage 

Titre:
Le convoi de l'eau
Auteur:
Yoshimura (Akira)
Edition:
Actes Sud
Réunion du:
14.04.2009

Commentaire

convoieau

Un groupe d'ouvriers se rend dans des montagnes perdues pour y construire un barrage. Arrivé sur le chantier, il se trouve en présence d'un village qui devra être évacué et qui semble ne s'être jamais frotté à la civilisation. Le narrateur au passé trouble est venu là pour fuir lui aussi la civilisation.

 

C'est ce livre qu'ont mentionné dans leur message les lecteurs qui ont prévenu de leur empêchement à venir à la soirée, l'un d'eux recommande d'ailleurs Naufrages du même auteur. C'est dire que le livre a marqué voire hanté les lecteurs.

 

Les avis sont en effet unanimes pour admirer tout d'abord l'écriture, à la fois poétique et brutale, très visuelle : "on accroche, on voit, on entend, on est sous la pluie, on est dans le brouillard – je voyais chaque phrase, chaque lieu, chaque couleur, chaque son". Les scènes sont rendues avec une extrême densité, par exemple le corps de la jeune villageoise ou la mousse tombée des toits, inlassablement remise en place, ou encore la coulée blanche qui s'avance dans la montagne. Des événements au fond assez techniques, comme la construction d'un barrage, deviennent de la poésie.

 

On rencontre rarement un traitement aussi prenant du rapport à la civilisation et à la violence qu'on porte tous en nous, une confrontation aussi forte à l'humain dans son essence, une évocation aussi épurée du mythe de la terra incognita. Le choc des cultures rappelle à certains Les saisons de Maurice Pons. Mais peu de livres connus traitent ainsi de ces thèmes et Le convoi de l'eau est atypique dans la littérature japonaise.

 

La relation muette entre les ouvriers du chantier et le village est au centre du roman. Les villageois refusent tout contact, ils acceptent l'inéluctable – devoir partir – mais sans céder sur rien. Ils ne se révoltent pas mais ne se résignent pas pour autant. Tenaces et sûrs d'eux-mêmes, ils partent pour s'enfoncer plus avant dans la montagne, détruisant tout avant de partir et emportant jusqu'aux ossements de leurs morts. Ce petit hameau est plein d'une force en quelque sorte ascendante dans le rejet catégorique de la civilisation, attitude qui interpelle continûment les ouvriers. Le seul contact entre les deux groupes est le moment de la désignation silencieuse du violeur.

 

Le thème de l'eau est omniprésent, l'eau du barrage, l'eau de la pluie, l'eau de la source chaude, seul loisir et repos des ouvriers.

 

Quelques remarques faites par les lecteurs en refermant le livre : "j'ai vu un film – quel roman ! – j'ai lu un poème – j'ai fait un rêve".

 

Un petit bémol est apporté pour quelques expressions étranges (par exemple "le regard se déverse dans la vallée"), peut-être est-ce un problème de traduction ?

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Mise à jour le 14/11/2018