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Ouvrage 

Titre:
Sukkwan Island
Auteur:
Vann (David)
Edition:
Gallmeister
Réunion du:
13.04.2010

Commentaire

sukkwan Un père emmène son fils passer une année en Alaska, dans une cabane isolée, pensant ainsi renouer avec son fils, faire le point sur sa vie et prendre un nouveau départ. Ce séjour va tout de suite mal se passer, avant de basculer carrément dans l'horreur.

 

Le roman est construit en deux parties. Dans la première, les choses vont aller de mal en pis, on croit arriver au pire mais le pire est toujours à venir. Rien ne marche, le père qui a tout raté dans sa vie se révèle dans toute sa faiblesse alors qu'il faut faire face aux aléas de cette vie sauvage, au climat hostile et aux bêtes sauvages comme cet ours qui vient manger la moitié des provisions. La tension monte jusqu'au coup de théâtre, une simple phrase qu'il faut relire pour être sûr qu'on a bien lu. Dans la deuxième partie c'est la bascule dans la folie après le drame.

 

On pense bien sûr au film Délivrance de John Boorman.

 

"Je n'ai jamais lu un livre aussi glauque." dit un lecteur. D'aucuns n'ont pas réussi à y croire, les conditions de l'histoire leur semblant peu vraisemblables. C'est vrai que le sujet est particulièrement noir, mais le roman est un thriller incontestablement réussi. Il est très bien construit, de la tension jusqu'au drame – très inattendu – puis à la dérive qui s'ensuit. La deuxième partie, parfois jugée moins intéressante, montre pourtant le cheminement mental du père, qui finit enfin par se sentir responsable et par reconnaître que ce qui est arrivé est bien de sa faute à lui. "C'est inutile de le faire mourir à la fin", dit un lecteur, "il a déjà payé".

 

Les trois livres de la sélection du jour démontrent chacun à sa façon la maturité des enfants face l'immaturité des adultes. Ici le père est totalement irresponsable, il prend son fils en otage de sa propre déchéance et ne lui laisse pour ainsi dire aucune issue. Ils sont enfermés dans leur face à face, sans relations extérieures, dans leur monde, un monde à part, et tout devient un problème jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'issue du tout. Cette abominable situation est bien traduite par la phrase "Il se rendait compte qu'il allait devoir s'occuper de son fils", prise de conscience qui ne survient qu'après le drame.

 

Pourquoi l'enfant fait-il cela ? Selon les lecteurs : "il agit – il prend en charge la faiblesse de son père – il ne peut pas partir de cet endroit alors il part comme ça – son père lui confie, avec l'arme, son besoin d'être protégé de lui-même, ce qui est au-dessus des forces de l'enfant".

 

Un regret pour ce livre très prenant : on sait d'avance, par la quatrième de couverture, que l'histoire va basculer dans le drame.

 

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Mise à jour le 23/07/2022