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    Partages de lectures de l'hiver 2021

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Partages de lectures de l'hiver 2021 PDF Imprimer Envoyer

 

>>> Catherine B. nous dit :
 
Je réponds à l’appel à la vie collaborative de notre joyeuse assoc en souhaitant encore un chemin fructueux pour 2021 à nos chers/chères amoureux/euses de lecture !
 
Tupinilândia de Samir Machado de Machado, Métailié, 2020
Un blockbuster littéraire ? … ce n’est pourtant pas cela qui m’a attirée, pas plus d’ailleurs que l’illustration de couverture et sa référence à Jurassic Park, mais plutôt l’allusion à Orwell… comme la promesse du regard critique d’une contre-utopie. Et je n’ai pas été déçue, le talent du conteur a comblé mon attente et ma curiosité pour un univers littéraire méconnu. J’ai découvert tout en lisant de très nombreuses références culturelles et politiques du Brésil que je ne connaissais pas. Pour me repérer dans le récit, la lecture m’a ainsi amenée à opérer des recherches en parallèle, à trouver des sources d’éclairage contextuel que je n’aurais pas eu l’occasion de faire sans cette envie de compréhension. Quoi de plus stimulant que des acquisitions de connaissances par le biais privilégié de la littérature ?
Et j’ai découvert le récit alerte et très prenant d’un écrivain que j’imagine plutôt jovial, en tout cas très sûr de son affaire, habile à ne pas « lâcher » son lecteur malgré le foisonnement de personnages et les récits à plusieurs étages de temporalité. Voilà un grand roman ironique, généreux et joyeux, tout en restant lucide sur les dangers de toutes les formes de nationalisme exacerbé.
Un monde perdu dans un improbable trou de verdure de la forêt amazonienne… de quoi faire rêver le lecteur friand d’aventures. Avec dans cette Amazonie paradisiaque, un parc d’attractions dérisoires, temple de la consommation de masse de rêves redoutables et d’illusions perverses condamné à une déchéance programmée, comme celle des dinosaures qui s’y promènent. Mais l’avenir grimace et se fige toujours dès qu’il y a des humains mettant en jeu leurs passions. Violences, heurts, meurtres et prises de pouvoir alimentent un récit haletant, mené avec intelligence et brio. Faux divertissement et vrai récit jouissif d’un calibre hors normes et hors codes convenus. Une œuvre et un écrivain à découvrir pour ceux et celles qui ne se laisseront pas influencer par une couverture et un bandeau racoleurs !
13/01/2021 

 

Histoires de la nuit – Laurent Mauvignier - Minuit 2020

Pour une première rencontre avec cet écrivain, l’énigme de mon choix était de taille. Certes, les Editions de Minuit ont le prestige de la qualité et je suis entré confiante dans ce gros roman. Je connaissais bien sûr le nom de l’auteur mais que je n’avais jusque là pas eu la curiosité (ou l’élan déclencheur ?) pour le lire, et Histoires de la nuit m’a à la fois énormément plu et étonnée. Un fait divers, qui se résumerait (après coup) à deux lignes dans un journal local, est ici développé sur 640 pages pour devenir un incroyable roman à suspense qui fait frémir, mais sur un rythme tout à fait singulier. J’ai découvert un style très proustien, des phrases monumentales, à lire presque en apnée, sans se presser mais en même temps suffisamment rapidement pour en mémoriser les détours. Sinon le lecteur qui s’attarderait trop sur un mot ou une expression perdrait le fil des propos méticuleux. Et la lecture d’un étrange secret qui se dévoile au ralenti se fait de plus en plus jouissive et d’autant plus facilement que la tension augmente et que se rapproche l’inéluctable catastrophe pressentie. Non seulement Laurent Mauvignier n’épuise pas son lecteur, mais il le revigore et le nourrit avec son art accompli de mots et de silences indispensables pour représenter le huis-clos dramatique qu’il a voulu nous raconter si « poliment » !


 
>>> Céline B. nous dit :

Bonne année, en espérant qu'elle nous permette de nous retrouver et qu'elle soit plus favorable à nos activités préférées !

Pour les partages de lectures, j'en choisis deux récentes, que j'ai beaucoup aimé, allez trois :
- La petite dernière de Fatima Daas, dont Sébastien et Juliette vous ont déjà parlé peut-être, en tout cas il y a un post sur le blog
- La guerre est une ruse, très bon roman noir sur les années 92-95 en Algérie, la montée du terrorisme, la collision des pouvoirs, qu'avait conseillé Arnaud et qui m'a été offert (et il y a la suite, c'est une trilogie, qui peut se lire indépendamment)
- Ms Dalloway, un grand classique de Virginia Woolf, que j'ai lu pendant le confinement, et dont j'ai aimé l'écriture, le flux de conscience, la façon magistrale de balayer une journée et une époque, en passant d'un personnage à l'autre
 
>>> Charlotte S nous dit :
 
Il y a eu sous le sapin deux beaux livres de cuisine, de quoi se délecter dans tous les sens du terme : Jérusalem, de Yotam Ottolenghi et Sami Tamimi (superbement illustré, on a envie de tout essayer), et Légumes de Régis Marcon. Dans un registre plus classique, j'ai lu, entre autres :
 
Comment parler des faits qui ne se sont pas produits ? – Pierre Bayard – Minuit
D'incroyables mystifications littéraires, sous la plume toujours aussi allègre de Pierre Bayard, qui défend les fausses informations à contre-courant des thèses contemporaines. Erudition et humour sont au rendez-vous.

 

>>> Myriam W nous dit :

 

SERGE de Yasmina REZA

 Chronique familiale d’une fratrie composée de Serge, Jean et Nana Popper, qui commence à la mort de leur mère.

"Depuis qu'elle est morte, les choses se sont déréglées". La mère, celle qui tenait "la baraque de bric et de broc" de la famille Popper vient de succomber au cancer. Elle expire dans sa chambre, achevée par l'arrivée d'un lit médicalisé, qui lui a "cloué le bec".

J’ai beaucoup aimé ce livre et je trouve que c’est l’auteure qui résume le mieux ce que j’en ai pensé

« Les personnages de mes textes ont peur de l’immobilité. J’approuve ce point de vue. Je n’ai pas du tout l’impression d’être une sorte d’entomologiste des travers humains. Encore moins d’écrire des satires. J’essaie plutôt d’écrire une cartographie de la solitude, et je dépeins les soubresauts malencontreux qu’ont les hommes pour y échapper. Évidemment, cela crée des formes drôles et même cruelles, parce que c’est la vie, mais je m’associe toujours de plain-pied à mes personnages. Dans Serge, ces personnages sont de jeunes vieux, ils se voient vieillir, pas côte à côte comme un couple, mais comme des frères et sœurs qui ne se voient pas tous les jours et qui peuvent repérer les signes de vieillissement qui les renvoient à eux-mêmes. C’est le corps mourant qu’ils contemplent, brusquement. Cela ne relève pas du glissement, c’est soudain. La finitude rôde, on ne peut pas l’esquiver éternellement comme on tente de le faire dans la vie, et l’écriture est vraiment l’endroit où on peut affronter ça. »

 

JEU BLANC de RICHARD WAGAMESE

Voici l’histoire de Saul Indian Horse, un jeune Ojibwé qui a grandi en symbiose avec la nature, au cœur du Canada. Lorsqu’à huit ans il se retrouve séparé de sa famille, le garçon est placé dans un internat par des Blancs. Dans cet enfer voué à arracher aux enfants toute leur indianité, Saul trouve son salut dans le hockey sur glace. Joueur surdoué, il entame une carrière parmi les meilleurs du pays. Mais c’est sans compter le racisme qui règne dans le Canada des 70’s, jusque sur la patinoire. On retrouve dans Jeu blanc toute la force de Richard Wagamese : puisant dans le nature writing et sublimant le sport national canadien, il raconte l’identité indienne dans toute sa complexité, riche de légendes, mais profondément meurtrie.

Après « Les étoiles s’éteignent à l’aube » que j’ai beaucoup aimé, j’ai voulu lire d’autres livres et je n’ai pas été déçue. Jeu Blanc est aussi beau et prenant et bien que ne connaissant absolument rien au Hockey sur glace, j’ai été fascinée par les descriptions de déplacement du palet, des joueurs, l’intensité des parties, on a l’impression d’être avec lui sur la glace c’est vraiment « magique ». Bien sûr le sujet du racisme et de l’exclusion est très présent et se retrouve en première ligne.

« Je ne sais plus très bien quand je me mis à boire. La seule chose que je sais, c’est qu’alors le grondement au fond de mon ventre s’apaisa. Dans l’alcool, je découvris un antidote à l’exil. Je quittai l’arrière-plan pour devenir un blagueur, un clown, un conteur qui relatait des histoires de voyages et d’événements insensés. En fait, je n’en avais vécu aucune, mais j’avais suffisamment lu pour rendre ces récits vivants, crédibles et captivants. Au milieu des grandes claques, des coups de poing et des gros éclats de rire qui les accueillaient, je découvris qu’être quelqu’un que l’on n’est pas est souvent plus facile que de vivre sa propre vie. »

Dans la foulée j’ai aussi lu Starlight, son dernier roman « inachevé » et je n’ai pas été déçue.

 

LES PANTOUFLES de JEAN MICHEL FOUASSIER

« Ne jamais sortir de chez soi en pantoufles avec ses clefs à l’intérieur ! Ou alors être prêt à l’aventure urbaine et sociale. Le héros de cette épopée urbaine va éprouver le pouvoir de ses charentaises et de quelle manière sa vie, pourtant si banale, peut en être changée. Face à ses collègues de travail, sa famille, ses amis, les forces de l’ordre, voire la confrérie des farfelus, il se lance pendant plusieurs jours dans un combat inattendu pour imposer sa si tranquille façon de marcher et de regarder les gens, à hauteur de chaussettes. Ce numéro de funambule s’achèvera devant un spectacle de Guignol, joliment. »

De l’humour et de la dérision, un petit moment de bonheur avec ce livre atypique à la couverture originale, d’un auteur que je ne connaissais pas.

 

Et encore quelques belles lectures :

LES ORAGES de Sylvain Prudhomme (nouvelles)

PAR INSTANTS LA VIE N’EST PAS SÛRE de Robert Bober

 
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Mise à jour le 18/01/2021