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Le Dinosaure

"Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là."

Cette nouvelle d'Augusto Monterroso, célèbre pour sa concision, vous inspire ...

 

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Texte C.M.L.G. – 06/04/2016

 

C’est un rituel, depuis vingt ans, François passe la première semaine du mois de mai, avec ses trois amis d’enfance dans le chalet familial. Pas un d’entre eux, ne voudrait déroger à cette tradition.

 

Cette année il a décidé d’arriver seul, la veille, et l’idée de préparer les lieux tranquillement, lui donnait une certaine sensation de sérénité.

 

Le temps était clément, et devait le rester pendant toute la semaine. En fait tout s’annonçait parfaitement. En s’engageant dans le petit chemin qui menait au chalet il pensa que le coucher de soleil donnerait des tons mordorés à la montagne, et que ce serait superbe. Il emprunta la dernière petite montée avant la maison, et en arrivant au sommet, il s’arrêta net.

 

A côté de la porte, sur le banc de pierre, adossé au chalet, admirant le coucher de soleil, était assis … un dinosaure ! Oui un dinosaure, mais pas une de ces affreuses bêtes ouvrant la gueule pleine de dents pointues, et avec un air assez abruti, comme celle de « jurassique parc », non un dinosaure, vert pâle, souriant, l’aire tout à fait débonnaire, qui semblait attendre qu’on lui ouvrît la porte.

 

François était à la fois, ahuri, inquiet, incrédule, et pendant quelques instants il mit en doute son intégrité mentale…mais qu’est- ce que c’était que cette chose ? et que faire ?

 

Téléphoner ? ici, de toute façon il n’y a pas de réseau, et téléphoner à qui ? pour dire quoi ? « Bonjour c’est moi, il y a un dinosaure devant la maison ! » il n’osa même pas penser à la réaction de l’éventuel interlocuteur.

 

François garda son calme, enfin « un certain calme » et réfléchit. Que faire ?

 

Le dinosaure ne bougeait pas et continuait à lui sourire sans faire aucun geste agressif. François décida de garer sa voiture et d’en sortir le plus naturellement possible. Le dinosaure ne bougea toujours pas. François chercha la clé de la maison, pris quelques affaires dans le coffre de la voiture, et se dirigea vers la porte. Le dinosaure le regarda faire, en souriant.

 

Quand il fût entré, François ouvrit les volets de bois et se mit à ranger le ravitaillement qu’il avait apporté. De temps en temps, il regardait par la fenêtre. Le dinosaure était toujours là, et restait dans la même position.

 

Tout en vacant dans la maison François réfléchissait et essayait d’être rationnel, si cela était possible…il lui semblait, bien que cela soit un peu, voire beaucoup incongru, que ce dinosaure ne lui était pas tout à fait inconnu. Soudain, en se préparant une salade de riz avec une foultitude d’ingrédients, il eut un éclair ! Ce dinosaure était le même que le Casimir de son enfance quand il regardait « l’île aux enfants » à la télévision…

 

Pour confirmer son intuition, il se dirigeât vers la porte, l’ouvrit, et constata que le dinosaure était toujours là, souriant, et qu’il ressemblait effectivement à Casimir ! François essaya de lui parler, mais le dinosaure ne répondit pas. Alors, très intrigué mais pas inquiet plus que cela, il ferma les volets, dîna et alla se coucher.

 

Le lendemain matin quand il s’éveilla, le dinosaure était toujours là ! François sortit de la maison et osa poser sa main sur l’épaule du dinosaure, alors celui- ci disparu d’un seul coup !

 

…et les autres qui arrivent tout à l’heure, pensa-t-il …Jamais ils ne pourront croire à cette histoire !...

 

 

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Texte C.R. – 07/07/2015

 

Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là. Quel soulagement ! Depuis qu’il avait deviné les ombres des agents de police à travers les verrières du grand hall, il avait peur. Pas pour lui, bien sûr, mais pour le grand diplodocus qui se tenait à son côté et dont il caressait machinalement l’antérieur gauche. Il se félicita d’avoir truffé la salle d’explosifs, fournis sous prétexte archéologique par un ancien condisciple, infâme moderniste spécialiste de l’homme des tourbières du sud de l’Irlande, dont le beau-frère avait été artificier pour l’IRA. En tout cas, ç’avait été efficace, car les déménageurs avaient filé sans demander leurs restes. Leurs restes ! Ah, elle est bien bonne celle-là ! Pas vrai, Dippy ? Ne t’en fais pas, mon vieux, ils veulent te mettre à la retraite, te remplacer par une baleine bleue. Mais on ne va pas les laisser faire, hein, Dippy ? On va se battre ! Pris d’un fou rire enthousiaste, il se mit alors à sautiller autour du dinosaure, en agitant la commande des explosifs tel un tomahawk.

 

C’est à cet instant précis que Dippy sut que l’homme chauve avait définitivement perdu les pédales et qu’il fallait faire quelque chose, sous peine de voir pulvérisée la moitié de Kensington, ses vieux os compris. Alors, au prix d’un effort colossal, Dippy secoua son échine dont se détacha une vertèbre, qui vint s’abattre sur l’occiput de Christian Grey, l’assommant proprement. Quand Scotland Yard vint passer les menottes au sous-directeur du département de paléontologie jusqu’ici respectable et respecté, celui-ci fixait un regard halluciné sur le diplodocus innocemment squelettique du Museum d’Histoire Naturelle, en répétant « il a bougé, il a bougé ! ».

 

Mise à jour le 24.03.17
 
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