Accueil Les livres commentés Détails - La nuit du bûcher

Les derniers livres commentés

­L'homme qui lisait des livres – Rachid Benzine – Julliard
La sainte paix – André Marois – Héliotrope
Le pressentiment – Emmanuel Bove – Points

 lors de la rencontre du 23 juin 2026
   ... avis des lecteurs à suivre ...
 

Les prochaines lectures

Works – Vitaliano Trevisan – Verdier
     traduction Christophe Mileschi et Martin Rueff
Mater 2.10 – Hwang Sok-Yong – Picquier
     traduction Jean-Noël Juttet et Mikyung Choi
Les Grandes Oubliées – Titiou Lecoq – Collection Proche

pour le club de lecture du 22 septembre 2026




Tous les livres commentés

Ouvrage 

Titre:
La nuit du bûcher
Auteur:
Márai (Sándor)
Edition:
Albin Michel
Réunion du:
12.01.2016

Commentaire

lanuitdubucher

Un moine espagnol, envoyé à Rome pour y perfectionner ses talents d'inquisiteur, découvre les méthodes de l'Inquisition romaine et se trouve confronté à la célèbre histoire de Giordano Bruno. Après quoi, gagné par le doute, il part à Genève pour y exercer le métier d'imprimeur.

 

Les lecteurs sont partagés sur ce texte écrit en 1974, qui décrit les extrêmes auxquels mène toute croyance absolue. Pour certains le personnage est faible et peu intéressant, le début est lent jusqu'à l'arrivée dans le récit de Giordano Bruno, l'aspect didactique est trop marqué. On ne peut évidemment pas éviter de penser aux extrémismes religieux actuels. On est loin aussi des sujets de Sándor Márai.

 

Il faut tout de même noter qu'on apprend beaucoup de choses sur l'Inquisition, sa cruauté et sa barbarie, sa violence morale, toutes choses que nous ne pouvons pas ranger dans le passé comme nous aimerions le faire. On peut être surpris par la présentation des confortatori, décrits avec un fanatisme quasi bon enfant, tellement convaincus de bien faire en incitant les victimes à désirer leur châtiment, pour leur bien. La description de l'intérieur de tous ces personnages qui ne doutent jamais, persuadés d'être dans le vrai, c'est cela qui a convaincu les autres lecteurs, de même que l'impossible échappée du narrateur. Il renonce à l'Inquisition pour une étrange raison : comme il est impossible de convaincre tout le monde, autant arrêter. Son échappée le mène à l'extrême opposé, au calvinisme à Genève, à une autre prison. Le contexte des guerres de religions est bien rendu dans l’errance du narrateur qui, en pays catholique ou en pays protestant, ne se trouve plus bien nulle part, une fois ses illusions abandonnées. Les deux versants du christianisme se combattent et se ressemblent, le poids des sociétés et des religions est tellement fort qu'il n'y a pas de réelle issue. Quant à la faiblesse du personnage, elle est vue avec justesse, car les systèmes fonctionnent avec (grâce à ?) des personnages faibles.

 

Malgré les réserves qu'on peut avoir, "on peut aussi goûter notre plaisir de roman" dit un lecteur. Goûter à la forme et au déroulé, aux thèmes, à l'allant du récit, et à quelques moments forts comme le face-à-face avec le grand Inquisiteur, le cardinal Bellarmin.

Bannière
Copyright © 2026 120 Grand'Rue. Tous droits réservés.
Joomla! est un logiciel libre sous licence GNU/GPL.
 

Les actus

         Prix des lecteurs
             2025-2026
La Fin de l'homme rouge
    Svetlana Alexievitch
                  ---
     pour voir tous les prix
----------------------------- 

Mise à jour le 24/06/2026