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Ouvrage 

Titre:
Continuer
Auteur:
Mauvignier (Laurent)
Edition:
Minuit
Réunion du:
15.11.2016

Commentaire

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Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux, et voit maintenant sombrer peu à peu son fils adolescent, Samuel. Résolue à tout faire pour l'en empêcher, elle décide de partir avec lui pour un grand voyage à cheval au Kirghizistan, espérant que cette rupture radicale avec le quotidien leur permettra de se retrouver.
 
Ce roman divise nettement les lecteurs et suscite des débats tranchés. Les premiers à s'exprimer sont dans un rejet sans appel. Extraits : "Je me suis arrêté à la page quatre-vingt pour la simple raison que je me suis senti étouffé par le style (vulgaire et autoritaire) du romancier : tout est expliqué dans le moindre détail, aucune place n’est réservée à l’imagination du lecteur. Le rythme est presque toujours le même quelle que soit la situation ou l’épisode. Pourrait-on suggérer dorénavant des auteurs moins en vue, mais qui écrivent bien ?" – On parle de chef-d'œuvre, mais je trouve ça très mauvais, ai-je raté quelque chose ? On ressent qu'il n'est pas allé au Kirghizistan, en tout cas il ne m'y a pas transportée." – "C'est très fatigant, on a envie de secouer tous ces personnages, on sent que ça va mal se passer à un moment ou à un autre. En vingt pages à la fin ça va très vite, mais on n'a rien sur la reconstruction. Et pourquoi se perdre dans des pages et des pages sur les chevaux ?".
 
Les inconditionnels ne sont pas en reste pour défendre leur point de vue avec autant de conviction. Extraits : "J'ai énormément aimé ce livre, son rythme, sa phrase, son souffle. L'écriture revient et tourne en rond comme les méandres de la pensée des personnages. Le processus du récit est justement d'arrêter le récit au moment où quelque chose s'ouvre. L'auteur décrit admirablement le rapport au corps, l'intimité des corps entre eux et avec les chevaux – on sent le souffle des chevaux. Partir à l'autre bout du monde pour se reconstruire est une belle thématique, une belle image." – "Cela m'a plu énormément, l'écriture, les descriptions, ainsi que les thématiques (le racisme, les rapports mère fils, …). C'est très très fort, tout était à sa place." – "J'ai bien aimé l'entreprise de la mère, après ce à quoi elle a renoncé, elle qui a été une victime collatérale des attentats. Elle obtient une belle victoire grâce à ce séjour de rupture : son fils sait maintenant ce qu'il veut faire. Ecrire sur le Kirghizistan sans y être allé n'empêche pas l'auteur de rendre les paysages et les montagnes très vivants."
 
Il y a enfin les avis plus nuancés de lecteurs qui aiment depuis longtemps la phrase de Laurent Mauvignier, et son art consommé de rendre les impasses de la communication et ses blocs de silence. La scène de la cuisine en est emblématique, de même que la description de l'adolescence, très réussie. Mais ici n'est-on pas un peu dans la bien-pensance, et quasiment dans le roman d'aventure ? Certes cela donne de belles scènes, par exemple le jeu de la course à cru, le soir, pour délasser humains et chevaux. On ne peut pas reprocher à l'auteur de s'essayer à autre chose et de rechercher plus d'ampleur, mais ces lecteurs préfèrent les premiers romans, plus denses et plus ramassés. "Je le préfère quand c'est fermé.". On pense bien sûr à Dans la foule et à Loin d'eux.
 
Ceux qui ont pu assister à la rencontre avec Laurent Mauvignier, le 12 octobre 2016 au Quai des Brumes, n'ont pu qu'apprécier la façon dont il parle de son travail. Par exemple de son goût de traquer le non-dit derrière les attitudes et les mots. De son choix de parler des chevaux (bien qu'il en ait peur) et de l'omniprésence du cheval dans l'art. Ou encore de ses nuits d'insomnie pendant desquelles ses personnages viennent lui indiquer ce qu'il faut modifier avant de continuer.
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Mise à jour le 08/09/2018