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Ouvrage 

Titre:
Autisme
Auteur:
Romão (Valério)
Edition:
Chandeigne
Réunion du:
17.01.2017

Commentaire

autisme

Né en France en 1974, Valério Romão est rentré enfant au Portugal. Après des études de philosophie, il se consacre à l’écriture. Son premier roman "Autisme", le premier d’une trilogie qui a pour titre "Paternités ratées", a eu un grand retentissement critique au Portugal.

 

En allant chercher son petit-fils Henrique à l'école, Abílio son grand-père apprend qu'il s'est fait renverser par une voiture. Rogério et Marta, ses parents, attendent désespérément des nouvelles dans le hall des urgences où l'enfant a été emmené. Le récit alterne les scènes aux urgences et les scènes de la vie familiale et conjugale, une vie marquée par l'autisme de Henrique.

 

Le ton est donné dès le début avec le monologue intérieur du grand-père, un ton abrupt, sans concession, violent. Et ce début en a rebuté certains qui ont abandonné la lecture, jugeant excessif et invraisemblable ce grand père qui parle avec dégoût de sa femme comme d'un "tas de viande dégoulinant de varices et insuffisamment épilé". D'autres ont passé le cap après un haut le cœur. D'autres enfin ont aimé cette langue forte, sans détours, qui exprime bien la rage, la colère, la misanthropie du grand-père.

 

Assez généralement, pourtant, l'attention n'a pas été tenue jusqu'au bout. La langue est devenue "de plus en plus maniérée, bavarde, trop chargée, trop pleine de complications". Le récit est jugé trop long, notamment les moments aux urgences, mais on peut dire aussi que l'auteur a bien rendu ce temps qui a forcément paru extrêmement long aux parents. Les disputes entre les parents sont tout de même un peu redondantes. Pour les plus sévères "on sait dès le début que le couple va se déchirer ; on ne fait rien du grand père du début, personnage pourtant intéressant ; on dirait un article de revue sur l'autisme".

 

La structure du roman rend pourtant bien compte des difficultés des protagonistes, en alternant les scènes aux urgences, les moments familiaux et conjugaux, les visites aux spécialistes et aux charlatans, les monologues intérieurs, le blog tenu par le père, … Les chapitres tassés, localisés aux différents endroits et moments de l’évènement, donnent le rythme de la descente aux enfers de toute la famille. Le déni tout d'abord, puis la douleur de la découverte, l'acceptation impossible, le combat sans merci pour vivre avec le handicap. On peut dire aussi, comme le font les lecteurs les plus enthousiastes, que "le roman déploie une énergie peu commune et aussi beaucoup de délicatesse dans la violence ; on lit bien des romans mieux écrits mais bien plus fades ; quant à la lettre finale, elle remet en perspective toutes les interrogations qu'on a pu avoir sur le père."

 

La lettre finale, justement. Qui devait disparaître ? Une double lecture est possible, tous n'ont pas compris la même chose. En tout cas cette issue surprenante amène à réinterpréter les événements. Est-ce osé ? artificiel ? glaçant ? ou carrément génial ? C'est selon !

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Mise à jour le 24/11/2021