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Ouvrage 

Titre:
Opus 77
Auteur:
Ragougneau (Alexis)
Edition:
Viviane Hamy
Réunion du:
29.10.2019

Commentaire

opus77

Le livre s’ouvre sur l’enterrement du grand chef d’orchestre Claessens dans une basilique genevoise. Sa fille Ariane, pianiste virtuose, est chargée de l’accompagnement musical de la cérémonie. Elle a prévu de jouer "Funérailles" de Liszt, mais après une remarque assassine sur l’absence de son frère David à l’enterrement, elle décide de jouer l’Opus 77 de Chostakovitch. L'assistance, composée essentiellement de musiciens, comprend qu'elle joue l'absence de son frère. C'est l'occasion pour elle de dérouler l'histoire familiale et d'expliquer le rôle qu'y a joué l'Opus 77.

 

Faut-il être un familier de la musique classique pour entrer dans le livre ? Non, et tous s'accordent, qu'ils aient ou non apprécié le livre, pour reconnaître que l'auteur nous introduit très naturellement dans ce monde. Il parle très bien de la musique, et décrit remarquablement les mouvements de l'Opus 77. De même que la façon dont un artiste se construit au prix de sacrifices et d'abnégations, comment il travaille la musique, et la relation passionnelle qu'il entretient avec son instrument – on pense au choix du violon par David. Le contexte musical constitue une des grandes originalités du livre.

 

Sur le roman lui-même, les avis sont nuancés, et quelques-uns n'y ont pas adhéré. "Le style est un peu haché. – Ce n'est pas un roman qui m'a happée, certains passages sont sans intérêt, voire inutiles, comme celui de la séance de photos avec la panthère. – Il y a beaucoup de complaisances et de facilités. – J'ai eu du mal à entrer dans le roman, il parle bien de la musique mais les personnages sont un peu caricaturaux, dans le cliché (les talons hauts, la conduite automobile, les mèches de cheveux à la fin), tout cela a un peu atténué les côtés positifs. – ça se lit bien, mais sans plus."

 

Les autres au contraire ont été totalement conquis, au-delà de la séduction de l'univers de la musique. La scène d'ouverture est très belle et le style, riche de tensions et pourtant fluide, sait rendre la réalité par de petits détails, comme la description du chef d'orchestre dos au public. L'histoire est très prenante, la construction maintient jusqu'au bout le suspense autour de cet Opus 77 qui a cristallisé la rupture de David … avec son père ? avec ce qui était attendu de lui ? Ce n'est qu'à la fin du roman que s'éclaire réellement la figure des protagonistes, et la folie qui les prend tous, car ils sont tous dans l'excès, le père, la mère et les enfants. L'excès de leurs passions, l'excès de leurs conflits, qui fait d'eux de beaux personnages, sans parler de la figure si attachante du vieux professeur de violon, dans laquelle on peut voir une figure inversée du père. "C'est formidable, j'ai beaucoup appris, j'ai beaucoup aimé." Et cela donne aussi l'envie de (ré)écouter et (re)découvrir l'Opus 77 de Chostakovitch.

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Mise à jour le 04/12/2019