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Commentaire
Emmanuel Bove, né en 1898 et mort en 1945, est un écrivain français, connu également sous les pseudonymes de Pierre Dugast et Emmanuel Valois. Alors qu'il était considéré avant-guerre comme l'un des principaux écrivains français, son œuvre est tombée dans l'oubli à la Libération et n'a été rééditée qu'à partir des années 1970.
Un avocat décide brusquement de se retirer de la vie bourgeoise à laquelle il appartient, quittant famille, amis, situation et richesse, pour s'installer dans un quartier populaire où il loue un appartement. Il se retrouve vite impliqué à nouveau dans la vie de son quartier.
- "J'aime beaucoup cette époque-là et ses écrivains. Il a été reproché à Emmanuel Bove son écriture très scolaire : phrases courtes, pas de fioritures, vocabulaire simple. Mais son style est très particulier et se reconnaît tout de suite. J'ai lu d'autres récits de personnes qui se sont mises hors du monde, dont cette histoire, qui m'a bien plu. Je recommande vraiment les livres d'Emmanuel Bove, qui redevient populaire de temps en temps." - "J'ai lu le livre avec intérêt, me demandant à chaque page si le personnage allait enfin prendre sa vie en main. Il est mièvre, gentil et manque de conviction – est-il bête ? Il m'a manqué des éléments de sa vie d'avant. On a envie de lui dire de réagir, les personnes qu'il rencontre sont presque plus présentes que lui. Est-ce le procès de la gentillesse ?" - "Tous les personnages de Bove sont comme ça, pusillanimes, sans volonté. Ils subissent." - "Il a pris une décision quand même : quitter tout. Mais pour la suite il ne semble pas avoir d'intention." - "C'est une nouvelle qui m'a intéressée. Elle est écrite sur le mode ironique, aucun personnage n'est sympathique que ce soit dans le milieu riche dont le héros est issu ou le milieu pauvre qu'il a choisi ... le héros lui-même ne l'est pas, même s'il a une sensibilité particulière pour Juliette et sa mère. L'intrigue est bien menée, les phrases sont courtes et précises. La naïveté du héros source de désordre est confondante. A la fin, chacun ayant donné un sens à l'histoire et droit dans ses convictions, tout rentre dans l'ordre." - "C'est bien fait, bien écrit, sans concessions et sans manichéisme : le monde des pauvres n'est pas meilleur que le monde des riches. Il y a un peu de déception à apprendre que cet homme s'est peut-être retiré à cause d'un pressentiment et non par conviction, par rejet de son environnement." - "Une écriture conventionnelle pour un livre daté, de la bourgeoisie des années 1930." - "Je me suis arrêtée au premier tiers, je me suis ennuyée …" - "Ce n'est pas évident d'écrire sur des personnages pusillanimes (comme dans Les Braises de Sandor Marai) qui ne prennent pas de décision. Là il ne se passe pas grand-chose, il se laisse faire par son environnement." - "J’ai bien aimé ce livre un peu désuet mais pas sans charme (J’ai pensé à Bartleby). La vie du quartier est bien décrite, avec tous ces personnages prêts à changer leur fusil d’épaule à la première occasion. Charles est un personnage attachant, étranger dans ce quartier populaire il essaye de s’intégrer sans jamais réussir." - "Plutôt que de subir une vie d’ennuis du quotidien et sans plus aucun plaisir, le héros de ce petit livre choisit une solitude ordinaire et déménage pour se cacher dans un modeste appartement en quittant femme, enfants et vie sociale. Pourquoi ce choix ? "Il trouvait le monde méchant." Le caractère radical et quasiment scandaleux de sa décision ne me semble cependant pas pris en compte par un comportement à la hauteur. "Il y a quinze mois que j'ai quitté ma famille, mes amis, par dégoût et par mépris. Je ne pouvais plus voir les hommes s'agiter pour des raisons intéressées. Je voulais être seul. Or, aujourd'hui, je m'aperçois que tout doucement ceux que j'avais quittés recommencent à jouer un rôle dans ma vie." Benesteau est prisonnier des contingences qu’il n’arrive ni à prévoir, ni à traiter. Impossibilité de bien rompre avec son passé, absence de lucidité et de courage à évaluer quand et comment faire le bien. Plus j’ai avancé dans la lecture, plus j’ai dû me faire une raison : le récit ne va pas très loin. Et la pirouette que représente le malentendu ultime de ses proches sur le sens de toute cette histoire n’arrange rien… même si cela justifie le titre du livre. Le Pressentiment semble être le récit d’échecs successifs qui laisse un goût amer. Mais la lecture de ce court roman est facile et agréable. Je serais curieuse de voir le film qui en a été fait avec J.P. Darroussin !" EventList powered by schlu.net Copyright © 2026 120 Grand'Rue. Tous droits réservés.
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