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Ouvrage 

Titre:
Le tambour des larmes
Auteur:
Beyrouk
Edition:
Elyzad
Réunion du:
13.09.2016

Commentaire

letambourdeslarmes

Mbarek Ould Beyrouk est un écrivain mauritanien d'expression française né en 1957 à Atar. Il a été nourri de littérature par son père instituteur. Il étudie le droit à l’université de Rabat mais se tourne vers le journalisme. Après avoir travaillé pour des médias officiels, il fonde en 1988 le premier journal indépendant du pays "Mauritanie demain". Auteur de trois romans et d'un recueil de nouvelles, il reçoit en 2016 le prix Kourouma pour "Le Tambour des larmes".

 

Le roman retrace la fuite de Rayhana, séduite puis abandonnée, obligée par sa mère à accoucher en secret. Quand sa mère lui retire son enfant et la marie selon les rites de la tribu, c'en est trop, elle quitte le camp familial en emportant avec elle le tambour sacré, dans l'espoir fou de retrouver son fils. Au mépris du danger elle traverse le désert jusqu'à Atar et termine sa course éperdue à Nouakchott.

 

A travers ce périple, l'auteur nous fait connaître la civilisation bédouine, ses rites et ses codes, et le choc avec la modernité. Le regard de Rayhana, à la fois naïf et empreint de toute la tradition bédouine, rend avec beaucoup de finesse le contraste saisissant entre le campement et les villes d'Atar et de Nouakchott. Au point de départ, des traditions ancestrales, des mariages convenus, un tambour sacré, à l'arrivée des conventions sociales plus libres et des téléphones portables.

 

Les thèmes évoqués ont quant à eux une portée plus universelle. C'est toujours à la femme abusée, qu'elle soit sanctionnée ou bannie, qu'elle subisse ou qu'elle se rebelle, qu'incombe la "faute". L'auteur développe aussi les questions de transmission, en faisant participer la mère au maintien des traditions, et les questions d'appartenance sociale, symbolisée pour Rayhana par le tambour, qu'elle emporte puis détruit dans son rejet progressif des valeurs tribales.

 

L'intérêt documentaire est évident pour tous, même s'il est trop appuyé au goût de certains. Quant au style, il divise les lecteurs. Pour certains, l'écriture est gonflée voire boursouflée, le propos un peu pédagogique, et des événements semblent plaqués (par exemple l'épisode des dauphins). Pour d'autres c'est magnifiquement rendu, dans une langue très riche qui rend le récit envoûtant.

 

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Mise à jour le 23/09/2026