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Ouvrage 

Titre:
Le poids des choses
Auteur:
Fritz (Marianne)
Edition:
Le Quartanier
Réunion du:
07.03.2023

Commentaire

le-poids-des-choses

Marianne Fritz est une femme de lettres autrichienne née en 1948 et morte en 2007. Elle a obtenu en 1978 le Prix Robert Walser pour son premier roman "La Gravité des circonstances", retraduit aujourd'hui en "Le poids des choses" (Die Schwerkraft der Verhältnisse). Elle a travaillé pendant plus de 30 ans à une œuvre monumentale de 5000 pages sur l’Autriche du XXe siècle.

La postface du "Poids des choses" explicite ce qu'est cette œuvre, comment Marianne Fritz y a travaillé et quelle a été sa réception critique. Reconnue par Elfriede Jelinek et par W.G. Sebald, elle a été rejetée par Thomas Bernhard.

 

Dès le début les trois personnages sont identifiés : Wilhelmine, déterminée et redoutable, est en quelque sorte gardienne des conventions, Berta vit dans son monde car elle sent trop sur elle le poids des choses, Wilhelm, soumis et hésitant, joue de son sourire et de ses si et ses mais. "Ce roman m'a fait penser à une pièce de théâtre, c'est un huis clos avec 3 personnages, et les enfants en arrière-plan. Chaque personnage est fixé sur son objet : Berta, bien éduquer ses enfants. Wilhelm être un bon chauffeur et bon employé à tout faire et Wilhelmine, récupérer la chaîne et la médaille en fer blanc. Chacun est dans son monde, Wilhelm et Wilhelmine enracinés dans le quotidien, seule Berta est perdue dans le poids des choses et avance au gré de ses pensées qui ont de moins en moins de prise sur la réalité des choses. L'autrice, de manière très subtile ne s'arrête pas à l'évènement qui pourrait clore l'histoire, elle nous amène au plus trivial du déroulement, la récupération de la chaîne par Wilhelmine, et l'attitude de Berta redonnant les fleurs et lâchant la chaîne à laquelle elle tient nous montre son choix ultime de se retirer de la relation à l'autre en lâchant ces objets qui représentent le poids des choses."

 

Quelques lecteurs ont eu du mal à entrer dans le livre et à s'intéresser aux personnages. "C'est comme une caricature, je l'ai pris comme un roman critique car je n'ai pas réussi à être touchée. – Après la catastrophe Berta décroche, elle n'a plus rien à dire et elle se tait. Qu'est-ce que le personnage de la vieille femme à la fin qui réconcilie tout ?"

 

Mais la plupart ont beaucoup apprécié, entre autres le traitement des situations et des personnages : "C'est une critique à la fois féroce et subtile de la famille et des conventions sociales – La perversion des personnages est très bien rendue, au lieu d'être l'amie Wilhelmine détruit, c'est fait très finement par l'auteure. – Il y a un trouble dans ces relations, entre les trois protagonistes, entre Berta et les enfants, trouble aggravé par le jeu sur les noms Wilhelm, Wilhelmine, Rudolf, Berta, et les enfants dénommés comme leurs parents. Aggravé aussi par le jeu sur les dates, sur les adresses. Comme si on ne pouvait pas sortir du huis clos des personnages. – C'est très serré, comme un nœud. – Il y a des moments terribles, comme celui où ils essaient de faire famille lors du pique-nique ; le dénouement fait mal, c'est la fin de l'espérance. – La fin est bouleversante."

 

Ils ont apprécié également la forme et se sont laissés emporter : "Je l'ai suivie jusqu'au bout avec grand plaisir et un grand intérêt. – C'est un petit chef-d'œuvre. – La langue est jubilatoire, je me suis régalée de cette férocité, de cette causticité. – La forme est assez fascinante, la langue également. Sobre et juste, le ton est quelque part entre la férocité et la bienveillance. – L'écriture est fluide, utilisant des mots du quotidien avec une certaine ironie, gardant une distance avec ses personnages."

 

Est cité Valério Romão, écrivain portugais, dont l'œuvre s'intéresse également au dysfonctionnement des structures familiales traditionnelles.

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Mise à jour le 25/05/2024