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Ouvrage 

Titre:
L'obligation du sentiment
Auteur:
Honoré (Philippe)
Edition:
Arléa
Réunion du:
20.01.2009

Commentaire

honore

 

L'auteur fait preuve dans ce premier roman d'une grande maîtrise romanesque et c'est ce qui a tout d'abord marqué les lecteurs. Ils ont longuement commenté la construction du livre, la façon de monter l'histoire à plusieurs niveaux, le dévoilement progressif des failles des personnages, le retournement des situations et la survenue de la chute.

 

L'histoire, très dure puisqu'il s'agit d'un inceste, raconte moins l'histoire de l'enfant que celle des parents. Le roman traite essentiellement de l'aliénation qui les a menés au drame et propose une réflexion sur la façon dont ces personnages, de milieu aisé – il est avocat, elle possède des pharmacies –, se sont mis ensemble pour de mauvaises raisons. La description du couple, marié "pour le pire et pour le pire", est terrible. C'est un couple totalement fusionnel, chacun a besoin de l'autre de façon vitale et égoïste, chacun sauve l'autre et dans un double parasitisme ils ne peuvent littéralement pas vivre l'un sans l'autre. Lui semble soumis, elle semble forte, peu à peu on voit que ce n'est pas le cas. Si l'on peut le qualifier de monstre, elle est encore pire avec son vide intérieur, un vide glacé, une véritable anesthésie émotionnelle. Elle a besoin de son mari, pas de son enfant. Ce n'est pas pour rester avec son mari "quoiqu'il arrive" qu'elle agit comme elle fait, c'est plus pervers, c'est pour ne pas s'écrouler elle-même et on se demande jusqu'où ira cette aliénation.

 

Dans cette relation de bourreau et de victime est bien montrée aussi l'aliénation où est pris le fils dans le seul mode de relation possible à son père, comme ces personnes battues qui ne quittent pas leur bourreau. On ne sait plus rien de lui après son départ, comme si sa vie s'était arrêtée là.

 

Le style est distancé voire clinique. Froideur, ambiance de lumière blanche sont accentués par le lieu de la rencontre entre le fils et ses parents, un hall d'aéroport. Cette scène particulièrement forte introduit une coupure dans la narration car tout s'écroule lorsque le fils annonce qu'il va partir et qu'il a porté plainte. Ce qui est faux d'ailleurs, car tout le monde ment, tout est basé sur le mensonge.

 

Le livre se lit bien, vite, il est pourtant difficile à supporter. On ne veut pas y croire tout de suite, on a les pièces du puzzle mais on n'a pas envie de voir l'image se constituer. Absence de rédemption, au-delà de la culpabilité, amoralité totale, l'issue ne peut être que fatale. Quand le sentiment arrive, c'est la mort, la demande de mort : "Tue-moi, il n'y a que ça à faire."

 

Ce n'est pas, bien sûr, pour l'intrigue qu'on peut conseiller le livre, mais pour sa construction, sa justesse et son style.

 

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Mise à jour le 25/05/2024